Initiation au pilotage hélicoptère – partie 03

Une fois en stationnaire, pour avancer on va utiliser le cyclique, mais si cela vous arrange on peut l’appeler le stick, le manche à balai. Dans le cas du H300c, le pilote et son passager ont chacun une commande devant lui. La commande du passager est facilement démontable. Pour le R22, la commande est centrale et un ‘T’ renvoie la commande pour chaque pilote donnant parfois l’impression d’un guidon de vélo 🙂

(Non, le bouton rouge à l’index n’est pas une mitraillette), les boutons servent à manipuler la radio, les spots quand la machine en est équipé, des engins de treuillage, etc…
Cette commande se déplace autant vers l’avant que l’arrière, sur la gauche, sur la droite mais en fait elle peut se placer sur les 360°.

Lorsque je pousse la commande vers l’avant (attention, cela va se compliquer), au lieu de monter ou descendre le plateau cyclique horizontalement (et changer le pas de toutes les pales), la mécanique pousse le plateau vers l’avant (voir le schéma en dessous à droite). Donc quand une pale va faire son tour, il y a un moment où la biellette qui contrôle le pas sera tout en bas et un autre où il sera tout en haut (et l’angle de la pale aussi). Suivons la trajectoire d’une pale sur une rotation complète. La pale démarre depuis l’arrière (pas au maximum selon l’amplitude qu’on aura mis sur le manche) pendant que la pale revient vers l’avant, son angle diminue progressivement jusqu’au moment où la pale est devant.

Quand elle repart vers l’arrière, l’angle de la pale augmente progressivement jusqu’au moment où la pale est derrière, ensuite le cycle recommence.

Donc en gros, quand je pousse la commande du cyclique vers l’avant, quand la pale faisant un tour complet vient de l’arrière vers l’avant, son angle diminue mais quand la pale repart vers l’arrière, son angle augmente. Si l’angle augmente à l’arrière de la machine, on augmente aussi la dépression à l’arrière de la machine … (D sur le schéma suivant)

Comme la machine est aspirée plus fort de l’arrière, la machine se déséquilibre vers l’avant, la portance qui tenait la machine en l’air bascule également vers l’avant, du coup une résultante (flèche jaune) “tire” la machine vers l’avant qui commence donc à se déplacer …
Au plus je vais pousser le manche vers l’avant, au plus le plateau va augmenter l’angle de ma pale quand elle sera derrière, au plus la machine sera déséquilibrée vers l’avant et la résultante de plus en plus forte, ce sera notre accélérateur !

Vous avez tout suivi ? 🙂

Si maintenant, je tire le cyclique vers l’arrière, tout le processus est inversé, le plateau sera cette fois incliné vers l’arrière et l’angle de la pale va donc augmenter quand elle passera devant, la machine va cette fois se déséquilibrer vers l’arrière et la résultante va freiner la machine, jusqu’au moment où elle va s’arrêter, pour repartir vers l’arrière si on insiste. Cesera donc plus souvent notre frein.

Pour le virage, il suffira de mettre le cyclique à gauche ou à droite pour faire tourner la machine mais … il lui faudra un petit coup de main avec les pieds (oui je sais lol).

Imaginons une voiture qui roule à 120km/h et brusquement la route à un virage à 90°, le chauffeur tourne le volant mais il y a de forte chance que la voiture dérape latéralement en finissant dans le fossé. Le chauffeur va alors jouer avec son volant pour modifier la trajectoire de la voiture. L’hélicoptère aussi lors d’un virage va se mettre à déraper, mais lui n’a pas comme la voiture des repères fossé ou bordure pour guider son engin dans le virage, alors on va utiliser les palonniers (pédales) et un instrument sofistiqué pour nous indiquer le dérapage de l’hélicoptère, le bout de laine !

C’est tout bête, si la machine dérape, le flux d’air circulant sur la bulle va suivre le flux et se pencher d’un côté ou de l’autre, il suffira (lol) de pousser le pied à gauche ou à droite (le pied attire la ficelle) pour mettre la ficelle au centre ce qui signifiera que la machine n’est pas en dérapage.

Parfois les hélicoptères ne possèdent pas ce bout de ficelle mais à la place on trouvera comme dans les avions un tube avec une bille dedans. La bille reste dans son élément mais la machine entière va glisser à gauche ou à droite, mais comme on est à l’intérieur de la machine, on a l’illusion que c’est la bille qui va de gauche à droite, le principe final reste le même (sauf que le pied pousse la bille), on ajustera les palonniers pour que la bille reste au centre.

Mais parlons des palonniers …
Les palonniers sont des pédales qui permettent de contrôler le mini rotor de queue, on peut créer un trou d’air à gauche ou pas du rotor de queue et donc aspirer la machine en la faisant pivoter, pédale à gauche elle pivote vers la gauche, pédale à droite, elle pivote vers ?? …

Donc en gros ….
le pas général pour faire monter et descendre la machine, en cherchant la bonne position, on maintient la machine entre le sol et 1 mètre.
les palonniers pour faire pivoter la machine à gauche ou à droite ou la garder centrée sur un objectif
le cyclique vers l’avant pour avancer, en arrière pour freiner et reculer, à gauche ou à droite pour faire un virage.

Mais tout cela c’est sans compter sur les effets secondaires, ceux qui nous oblige à faire au moins 50 heures avant de maîtriser la bête, on commencera à en parler dans le prochain article.

N’êtes vous pas tenté de prendre vous aussi les commandes d’un hélicoptère lors d’une initiation ?
C’est ici que cela se passe

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